Avec le soutien d’Europe Créative… #3 Artefacts Studio

Artefacts Studio a répondu aux questions du Relais Culture Europe sur son développement, ses réalisations en cours et sur le soutien que lui apporte le programme Europe Créative MEDIA. Cette interview est la troisième de notre série "Avec le soutien d'Europe Créative..." dont l'objectif est de faire découvrir les projets soutenus par le programme et de mieux comprendre l'apport d'Europe Créative à travers le retour d'expérience des bénéficiaires.

 

Pouvez-vous nous présenter Artefacts Studio ? Comment votre ligne éditoriale a-t-elle évolué depuis sa création en 2003 ? Comment conciliez-vous votre activité de sous-traitance auprès d’éditeurs majeurs comme Ubisoft (Assassin’s Creed, Les Lapins Crétins) et Electronic Arts et le développement de vos propres jeux ?

Le studio a été créé à Lyon en 2003 par Bruno Chabanel, rôliste invétéré qui travaillait alors pour Infogrames/Atari, autour de l’envie de réaliser un jeu de rôle tactique.

A l’époque cela n’a pas été possible de trouver un éditeur pour ce projet, et pour survivre le studio a dû travailler sur des licences tiers et faire de la prestation pour d’autres studios.

Au fil des années, nous avons développé plus de 30 jeux sur toutes les plateformes existantes du marché, acquérant ainsi une expérience et des savoir-faire.

En intégrant petit à petit les compétences artistiques et techniques au sein du studio, nous sommes arrivés à concilier d’un côté les prestations pour le compte de tiers avec le développement de nos propres jeux, en gérant au mieux notre évolution de studio indépendant.

Depuis 15 ans, le studio a réussi à passer au travers des crises du jeu vidéo et à se transformer pour devenir un acteur important dans le paysage du jeu vidéo en France. Avec ses 45 collaborateurs, il est devenu le premier studio indépendant en Auvergne-Rhône-Alpes.

Aujourd’hui, nous avons mis en place une stratégie qui s’oriente vers le RPG/RPG tactique et la co-production.

 

À quels publics s’adressent vos jeux ? Pour quels supports avez-vous une préférence ?

Dans le passé, pas mal de nos jeux faits pour certains éditeurs s’adressaient plutôt au grand public, mais depuis quelques années nous faisons des jeux avec des contenus narratifs plus forts.

Nous avons par exemple réalisé un jeu d’enquête et d’aventure sur le roman d’Agatha Christie ABC Murders pour un éditeur français. Même si nous faisons des jeux portés sur toutes les consoles nous gardons une préférence pour la plateforme PC. Nous défendons l’idée qu’un jeu vidéo peut aussi apporter de la réflexion.

 

Artefacts studio a bénéficié à deux reprises d’un soutien de la part du programme MEDIA : en 2011 pour Les Donjons de Naheulbeuk et en 2015 pour Les Naufragés d’Ythaq. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ces deux projets et leur avancement ?

Grâce à l’aide du programme MEDIA, nous avons pu réaliser un prototype jouable autour de la licence du Donjon de Naheulbeuk issue de l’univers médiéval fantastique créé par John Lang en 2003. Le Donjon de Naheulbeuk est à l’origine une série web audio qui a rencontré un énorme succès et a été ensuite portée en BD avec plus de 21 tomes édités à ce jour. Des romans et des jeux de plateau ont aussi vu le jour. Artefacts a acquis cette licence pour en faire un RPG tactique.

Le traitement humoristique et parodique de cette licence fait l’originalité de notre jeu, bien que celui-ci reste dans la droite ligne des jeux de rôle traditionnels. Nous avons eu les moyens pour mettre en place une équipe et réaliser un prototype du jeu final. Celui-ci a été présenté à différents éditeurs dans le but de trouver un deal pour produire le jeu entier.

Nos efforts ont été récompensés car nous avons trouvé un partenaire éditeur qui co-produit le jeu avec nous pour les plateformes PC et les consoles pour le monde entier. Nous sommes sur un plan de développement d’environ 20 mois. La commercialisation du jeu est prévue pour 2019.

Pour le Naufragés d’Ythaq, nous avons également envie de proposer un jeu de rôle au tour par tour mais cette fois dans un univers mêlant science-fiction et fantastique.

Grâce au programme MEDIA nous avons réalisé une démo jouable que nous sommes en train de présenter à plusieurs partenaires potentiels pour un financement complet du jeu.

À ce jour nous sommes moins avancés que pour le projet du Donjon de Naheulbeuk, mais nous espérons démarrer la production d’ici 2019 avec le soutien de la maison d’édition Delcourt.

 

Quelles sont les prochaines étapes pour votre société ? Comment envisagez-vous le développement d’Artefacts dans les années à venir ?

Nous sommes en train de co-développer avec un studio français un RPG tactique basé sur la licence Warhammer 40 000 et qui sortira en 2018.

L’année 2018 sera aussi consacrée au développement de notre jeu Le Donjon de Naheulbeuk. Avec la sortie du jeu, 2019 sera une année charnière pour le studio. Si le succès est au rendez-vous, nous comptons continuer à investir sur nos propres licences et développer notre ligne éditoriale orientée RPG tactique et jeux narratifs.

Notre ambition est de co-produire le développement de nos jeux et qui sait un jour d’aller plus loin.

Le studio continuera toutefois à faire de la sous-traitance sur des jeux de racing pour Ubisoft et Kylotonn, cette activité nous assurant une pérennité financière.

 

Que représente pour vous le soutien du programme MEDIA ?

Le programme MEDIA, qui permet aux studios de pouvoir réaliser certains projets de jeux vidéo, nous a aidé à boucler le financement de deux de nos prototypes jouables.

L’accès à ce dispositif nous a permis d’accélérer le développement de notre studio, de montrer nos savoir-faire dans le domaine du RPG tactique et d'être reconnus par les professionnels de ce secteur.