Avec le soutien d’Europe Créative… #2 Festival International du Film d’Aubagne

Le Festival International du Film d'Aubagne a répondu aux questions du Relais Culture Europe sur son orientation artistique, ses différentes actions et sur le soutien que lui apporte le programme Europe Créative MEDIA. Cette interview est la deuxième de notre série "Avec le soutien d'Europe Créative..." dont l'objectif est de faire découvrir les projets soutenus par le programme et de mieux comprendre l'apport d'Europe Créative à travers le retour d'expérience des bénéficiaires.

 

Quelle est l’histoire du Festival International du Film d'Aubagne ? Comment est-il né ?
La ville d’Aubagne accueillait deux festivals en biennale. L’un créé en 1991, Méridiens consacré à la jeune création vidéo-graphique, l’autre Ciné-Passion, organisé par des cinéphiles.
En 1999, la ville a demandé à ces deux festivals de s’associer pour créer le Festival International du Film d’Aubagne. Pour cela, Méridiens et Ciné-Passion ont fusionné pour créer la structure Alcimé.
En 2003, l’association Ciné-Passion quitte Alcimé. Depuis, Alcimé assure l’organisation du festival dont elle a redéfini la ligne éditoriale en choisissant, pour se différencier des nombreux festivals de cinéma, de se consacrer à la promotion de la jeune création cinématographique et à la promotion musicale pour l’image. La mise en œuvre de cette double orientation artistique est assurée par l’articulation de quatre actions complémentaires et indissociables : soutenir la diffusion internationale des premières œuvres, offrir un espace de formation, promouvoir la diversité culturelle et être un lieu d’éducation à l’image.

 

Pourquoi un festival autour du cinéma et de la création musicale ? En quoi se distingue-t-il d’autres festivals ?
Aucun festival en Europe ne consacre la totalité de sa programmation à la fois à l’image et à la musique. Le Festival International du Film d’Aubagne est la première manifestation européenne à s’interroger sur la relation entre la musique et l'image et à inviter à la fois les réalisateurs et les compositeurs des films présentés.
Le constat est unanimement partagé par les professionnels : la musique arrive trop tard dans le processus d’élaboration d’un film ou d’une œuvre audiovisuelle. On ne le sait que trop, la musique est souvent le parent pauvre du cinéma. Il existe très peu de manifestations à échelle européenne qui permettent la rencontre entre les professionnels de l’image et de la musique. En découle alors la quasi-inexistence de lieux de formation et de création pour les compositeurs de musique de films.
Il serait faux de penser qu’aujourd’hui la musique de films ne trouve pas sa place dans les festivals de cinéma, la création musicale est mise en exergue au travers des prix dédiés à la musique originale, des leçons de musique, tables rondes, master class... Ce qui est plus réel, c’est d’affirmer que cette mise en exergue se fait sans la participation des protagonistes. Il manquait donc incontestablement une terre d’accueil pour les compositeurs des métiers de l’image afin qu’ils puissent échanger, dialoguer et travailler avec les réalisateurs, producteurs et scénaristes.
Le festival a également mis en place différents dispositifs d’aide à la création musicale à l'image et à la formation à destination des réalisateurs et des compositeurs, et ce en partenariat avec des organismes comme la Sacem, l’université Aix-Marseille, InMics… Les résultats de ces dispositifs ont amené le festival à créer en 2010 un marché européen de la composition musicale pour l’image. Ce marché accueille les sociétés de production de cinéma, les compositeurs de musique de films ainsi que les réalisateurs autour de projets concrets en pré-production/production.
Le Festival International du Film d’Aubagne se distingue donc par sa ligne éditoriale singulière, mais pas seulement. Il offre aussi une dynamique économique en faveur des compositeurs et contribue à leur insertion professionnelle. Il favorise d’autre part la professionnalisation des réalisateurs et des producteurs sur la question de la musique dans les œuvres cinématographiques et aide à désacraliser les échanges sur la composante musicale.

 

Qui est votre public ? Sur quelles actions reposent votre ancrage local ?
Le festival conçoit sa manifestation en fonction de tous les publics dans l’objectif de faire rayonner le plus largement possible la diversité culturelle. Outre les projections, les tables rondes et les concerts, le public peut également assister aux différentes rencontres professionnelles en qualité d’auditeurs libres.
Le festival est une manifestation ancrée dans son territoire, en région PACA. Il contribue à la vitalité du secteur cinématographique, du tourisme et de l'économie. Le public local s’est approprié le festival, comme en témoigne le nombre de spectateurs sur des programmes récurrents. Cet engouement du public local en fait un rendez-vous incontournable.
Depuis sa création, le festival mène aussi des actions dédiées à l'éducation à l'image dans l'objectif de favoriser l'accès à la culture cinématographique aux plus jeunes, quelles que soient les catégories sociales ou culturelles.

 

Comment définiriez-vous la dimension européenne du Festival International du Film d'Aubagne ? Que signifie pour vous la coopération européenne ?
Une des démarches fondamentales du festival est son engagement pour la diversité culturelle. Nous voulons garantir une programmation variée et favoriser la présence de toutes les cultures, en privilégiant les cinématographies minoritaires ou désavantagées. La diversité culturelle est l’une des principales richesses de la créativité qui contribue au développement professionnel pour les artistes et à l’ouverture vers d’autres horizons pour le public. Au-delà de la simple diffusion, le Festival International du Film d'Aubagne met un point d'honneur à structurer et thématiser ses programmes. Le but est d’optimiser la promotion des œuvres auprès du public et plus particulièrement auprès des plus jeunes.
La dimension européenne du festival est inscrite dans le choix des films proposés mais également dans les nombreux dispositifs d’aide à la création que nous offrons, qui à leur création s'adressaient aux artistes nationaux mais qui se sont rapidement « européanisés ». L’idée est de favoriser à la fois les co-productions et la circulation des artistes. La coopération européenne est pour le festival un moteur essentiel au développement de la création, elle ouvre les portes de la création et offre au public une cinématographie riche et diversifiée.

 

Quelles évolutions imaginez-vous pour le festival ces prochaines années ?
Le festival poursuit en permanence plusieurs objectifs : renforcer la médiation culturelle en faveur de tous les publics, élargir la diversité culturelle, multiplier les dispositifs d’aide à la création et à la formation en faveur des professionnels…
Mais nous souhaitons aussi ouvrir le marché européen de la composition musicale pour l’image à tous les supports (jeux vidéo, VR, web TV, séries…), augmenter les collaborations avec les écoles et festivals européens, développer l’éducation à l’image et utiliser des outils de communication plus adaptés pour répondre aux besoins de tous les publics.

 

Que représente pour vous le soutien du programme MEDIA ?
Le Festival International du Film d’Aubagne est soutenu par le programme MEDIA depuis 2011. Ce soutien a contribué au développement du festival et à sa diversité culturelle : augmentation de la représentativité des pays européens, attention particulière aux pays à faible capacité de production...
Ce soutien est aussi un gage de qualité et une reconnaissance du travail accompli. Il a également permis d’assoir la notoriété du festival à la fois auprès des partenaires institutionnels, des collectivités, des partenaires et du public.
MEDIA nous a aussi permis d’affiner la ligne éditoriale du festival avec plus de rigueur et de précisions. Il s'agit finalement d'un outil de perfectionnement.